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domenica 20 maggio 2012

Mauvaises intentions #3

[Pour rappel : Afin de soutenir les camarades inculpé-e-s, et pour ceux et celles qui le peuvent :
Rendez-vous Lundi 14 mai, à la 10e chambre du TGI de Paris (Métro cité) pour la première audience.]

Autour du procès antiterroriste de mai 2012


 Il nous importe de partager des expériences et de construire un discours collectif et une solidarité la plus large possible face à la répression. Partager ses expériences, c’est aussi tenter de comprendre et d’expliquer certaines limites de l’antirépression qui reste un moment auquel il est difficile d’échapper. Recueil de textes- avril 2012 contact : solidaritesinculpesAAAriseup.net soutien financier : billet ou chèque à l’ordre de "Les" à envoyer à Mauvaises Intentions, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris Infokiosques.net, pour sa part, propose le DOSSIER "Mauvaises Intentions", où se trouvent archivés - de la manière la plus exhaustive possible - les textes, analyses, comptes-rendus d’actions glanés sur les sites d’informations "alternatifs"...

Recueil de textes- avril 2012 

contact : solidaritesinculpes AAA riseup.net
 soutien financier : billet ou chèque à l’ordre de "Les" à envoyer
 à Mauvaises Intentions, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris

Infokiosques.net, pour sa part, propose le DOSSIER "Mauvaises Intentions", où se trouvent archivés - de la manière la plus exhaustive possible - les textes, analyses, comptes-rendus d’actions glanés sur les sites d’informations "alternatifs"...

SOMMAIRE

1/ Introduction

2/ Rappel des faits

- chronologie rapide
- révoltes du « CPE ». La solidarité continue ! +
- extraits de la procédure antiterroriste +
3/ Antirépression & luttes sociales
- un pavé dans les rouages +
- travail, prison, travail +
- solidarité ! +
- danse avec l’état +
- contribution aux discussions sur la répression antiterroriste +
- briser ses liens… +

4/ Temps judiciaire et techniques policières

- garde à vue : manuel de survie en garde à vue +
- taule : texte d’un prisonnier du mitard de Bois d’Arcy +
- taule : lettre de Frank depuis la prison de La Santé +
- contrôle judiciaire : la prison à la maison +
- contrôle judiciaire : depuis notre chez nous carcéral +
- expertise psy : lettre à un expert psychiatre +
- adn : sur l’ADN – du sang, de la chique et du mollard +
- enquête : analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste +
- antiterrorisme : face à l’outil antiterroriste +

5/ Solidarité

- actions de solidarité
- caisses et collectifs de solidarité
- émissions de radio anticarcérales

mercoledì 25 aprile 2012

Le Soleil se lève encore

Free PDFUne énorme tempête de révolte a fait rage dans les rues de Grèce en Décembre 2008.
Après l’assassinat de sang-froid d’Alexis Grigoropoulos (15 ans) par un flic, les émeutes se déployèrent à travers le pays entier pendant plusieurs semaines. Des centaines de cibles d’entreprises et du gouvernement furent attaquées, pillées et brûlées. Bien que ce soit les anarchistes et les anti-autoritaires qui aient pris la tête de cet ouragan la première semaine après le meurtre, elles se diffusèrent d’elles-mêmes rapidement et un grand nombre de gens s’impliquèrent dans la révolte contre les conditions de vie misérables, contre les autorités et contre le désespoir offert par ce monde aux exploités et aux opprimés. Mais la révolte ne cessa pas à la fin de l’année 2008, pas plus qu’elle ne commença au jour du meurtre. Les attaques contre les structures de l’État et du Capital continuèrent et se répandirent dans plusieurs plus petites villes de Grèce.
Environ 180 attaques incendiaires et, depuis deux mois, à la bombe artisanale (« faites maison ») ont été réalisées sous le nom de « Conspiration des Cellules de Feu ». Les attaques furent dirigées contre des banques, des concessionnaires automobiles, des centres commerciaux, des institutions gouvernementales, des postes de police, des bureaux de partis politiques, des maisons de politiciens, des juges, des criminologistes, des journalistes, des entreprises de sécurité privées et des compagnies de construction de prisons,… et toujours accompagnées par des revendications élégamment critiques et nihilistes de la responsabilité des anarchistes.
Les revendications ne critiquèrent pas seulement le Capital, l’État et l’Autorité (dans tous leurs aspects), mais aussi la résignation des exploités, leur mentalité de troupeau, leur collaboration avec le système. La Conspiration des Cellules de Feu (CCF) refuse de considérer l’oppression et l’exploitation comme étant simplement imposées par les matraques et le chantage, mais les comprend comme une relation sociale dans laquelle tous ont leur responsabilité -et font ou ne font pas le choix de lutter contre.
En septembre 2009, de vastes raids anti-terroristes tentèrent de frapper la CCF; ces raids devinrent un outil politique de plus pour attaquer plus largement le mouvement anarchiste et anti-autoritaire, une situation qui s’intensifia quand deux membres des CCF furent capturés durant une opération en Novembre 2010 à Athènes. Contre le kidnapping légaliste en cours de nos camarades et pour l’escalade de la lutte pour la libération totale, la Conspiration des Cellules de Feu: Secteur Illégal appela à un projet informel et global basé sur la subversion anarchiste, l’action directe et la solidarité internationale. Ces documents rassemblent quelques uns des nombreux communiqués, lettres et mises à jour juridiques et judiciaires concernant la Conspiration des Cellules de Feu, les camarades accusés de la même affaire, plus des actions de solidarité résultant de l’appel pour la formation d’une Fédération Anarchiste Informelle/ Front Révolutionnaire Anarchiste.
Bien que cette publication puisse bien sûr seulement offrir une vision partielle de la situation et des sujets, elle est produite dans l’esprit de rébellion qui attise la guerre totale contre la domination. C’est un document inachevé qui recherche une collaboration à travers les actes de refus. L’appel international qui a été diffusé pour la formation subversive d’un Front Révolutionnaire/Fédération Informelle Anarchiste (Globale), qui est basée sur les principes de solidarité internationale, de subversion permanente et de conflit constant, devrait être discuté, débattu et mis en œuvre sans délai.
(publié en trois parties sur https://antidev.wordpress.com,
et ici: https://juralib.noblogs.org/2011/07/19/grece-a-propos-des-cellules-de-fe... )
Format document A4

giovedì 29 marzo 2012

ALBERT LIBERTAD, L’IRRIDUCIBILE NEMICO


(L'ANARCHIE 1907)

Difendendosi come puo’ con le sue stampelle di paralitico Albert Libertad, anarchico, muore a trentatre’ anni sulle rive della Senna ucciso dai calci dei fucili della polizia imbestialita che vuole mettere finalmente a tacere il pericoloso animatore del settimanale ‘’L’Anarchie’’, uno dei giornali piu’ significativi e penetranti che la propaganda anarchica e antimilitarista abbia prodotto.
Ma con lui non muore l’idea e non si ferma la lotta. Dalle scalinate di Montmartre, dove a sede il gruppo editoriale de ‘’L’Anarchie’’, la propaganda continua.
Siamo alla fine del primo decennio del secolo (novecento). La propaganda col fatto e’ ormai quasi unnricordo, ma la lotta violenta che gli illegalisti anarchici conducono contro lo Stato non si e’ del tutto esaurita e saranno Bonnot e la sua banda a dare l’ultimo segno di un modo di attaccare il potere e di un’epoca.
Ma, in un altro senso, Libertad ha fatto epoca. La sua tecnica di propaganda e’ rimasta insuperata e quasi un modello. Egli non partiva dai grandi problemi: la disoccupazione, lo sfruttamento, la rivoluzione, ecc. No, egli preferiva i piccoli problemi, i piccoli avvenimenti. Egli si poneva dalla parte del popolo, dalla parte di chi trova difficolta’ a legger cose che pure hanno una grande importanza. Ed ecco che quelle cose molto importanti egli riusciva a farle trovare, con facilita’, al lettore, partendo dai piccoli problemi.
La vita di tutti i giorni nelle caserme lo conduceva a spiegare il significato del militarismo, dell’orrore, della patria, dell’esercito, ecc.. La lotta solitaria di un vecchio contro una compagnia dell’esercito, gli consentiva di spiegare come funzionano i meccanismi della repressione e come agisce la folla, questo animale sanguinario e spietato. Le strane cerimonie funebri di cui la nostra civilta’ e’ afflitta lo portavano a fare capire i grandi problemi della vita e della morte, ma anche la differenza tra il culto della morte che ha lo Stato e il culto della vita e della gioia che la rivoluzione deve avere..
Ma dove questa tecnica si rivela insuperabile e’ proprio nella propaganda anitimilitarista. Qui il problema non e’ piu’ percepibile a livello popolare e di massa e viene impostato sui grandi problemi economici, teorici, sociali e rivoluzionari. Mentre risulta molto piu’ chiaro partendo dai problemi del quoitidiano che l’istituzione militare pone a tutti.
Fondamentale significato ha la propaganda antimilitarista condotta da ‘’L’Anarchie’’, in qunto si contrappone alle incertezze e alle ambiguita’ di tutta l’altra propaganda che appariva anch’essa con matrice antimilitarista.
Non e’ lotta separata da un progetto rivoluzionario.
Ad esempio, nel 1902 esce ‘’La Nouveau Manuel du Soldat (Il Nuovo Manuale del Soldato) stampato a decine di migliaia di copie e redatto da Yvetot per conto della CGT (Confederazione Generale del Lavoro). In questo opuscolo, tra l’altro, vi e’ una curiosa differenziazione tra guerre da condannare, e guerre accettate. Si giustifica cosi’ la guerra difensiva e l’uso dell’esercito per una guerra del genere. Contro equivoci di questo tipo si scaglia Libertad.
Il lavoro antimilitarista di Lafargue, che si svolge piu’ o meno nello stesso periodo, e’ troppo economicista e costituisce l’altro versante della propaganda, cioe’ quello che segue un metodo di spiegazione non condiviso da Libertad.
Sulla linea di Libertad si pone invece un battagliero giornale di provincia. ‘’Le Pioupiou de l’Yonne’’ (Il Marmittone dell’Yonne) diretto da Gustave Herve’ (autore che pero’ finira’ male nel 1914 con una conversione in difesa della guerra, come del resto fecero diversi anarchici fra cui Kropotkin, Grave, ecc.).Fin quando resto’ antimilitarista Herve’ fu una delle voci piu’ efficaci deella propaganda rivoluzionaria contro l’esercito e la guerra.
Da notare infine che l’antimilitarismo de ‘’L’Anarchie’’ non si pone sulla linea pacifista che altre componenti del movimento rivoluzionario francese del momento sostenevano. Anche lo stesso Herve’ parlava di unsurrezione, ma il legame tra la lotta contro l’esercito e lo sbocco insurrezionale non era chiaro, almeno fin quando non utilizzo’ le tesi di Sorell dello sciopero generale, ma cio’ avvenne proprio alla vigilia del suo voltafaccia.
Invece Libertad parla di un rifiuto non della violenza ma della violenza del soldato obbligato da una disciplina che lo rende stupido e bestiale. La violenza del rivoluzionario che invece decide, autonomamente e coscientemente, di attaccare il nemico che lo opprime, questa violenza liberatoria non viene condannata, anzi viene giustificata ed esaltata.
In lui e’ frequente l’invito, diretto ai soldati, di sparare sugli ufficiali, di spezzare le catene dell’ubbidienza cieca e animalesca, di ricostruire la propria coscienza di proletari, e di attaccare l’esercito e il militarismo insieme alla societa’ dei padroni. La lotta antimilitarista non e’ infatti vista da Libertad come lotta separata da un progetto rivoluzionario complessivo che intenda cominciare dalle caserme per finire nelle fabbriche e dovunque si esercita lo sfruttamento.
Se gli ufficiali sono i nemici piu’ immediati e diretti del soldato, non bisogna dimenticare che quest’uomo, in quanto proletario e uomo libero, deve poter vedere quali sono le mani che tengono le fila di questi burattini in divisa; e queste mani sono quelle dei padroni, degli sfruttatori di sempre.
In questo senso la propaganda antimilitarista di Libertad e tra le piu’ conseguenti e penetranti che siano mai state svolte, e non per nulla il potere comprendendo la sua pericolosita’ lo inchiodo’, ricorrendo alle mani insanguinate dei suoi sgerri, al selciato di quella Parigi proletaria che egli avrebbe voluto condurre sulle barricate.
(estratto da SENZA PATRIA – GIORNALE ANARCHICO ANTIMILITARISTA – giugno 1982)A.M.B.

martedì 13 marzo 2012

Hors Service n. 26


La Grèce sur le pied d’insurrection

En Grèce, le spectre de la révolte de décembre 2008, qui avait fortement secoué le pays suite au meurtre d’Alexis par les flics, hantait les esprits depuis des mois. En effet, face à l’appauvrissement sans précédent de la Grèce, à l’impossibilité d’arriver à une quelconque « amélioration » de la situation économique et sociale, face au tour de vis exercé sur toute une population au nom du maintien du système et du pouvoir, nombreux étaient ceux qui préconisaient le retour de ce spectre-là, d’une vaste révolte sans compromis ni médiation contre l’Etat et le capitalisme.

Après le vote d’un énième paquet de mesures d’austérité, prévoyant entre autres une baisse du salaire minimum de 30 % (en plus des baisses précédentes, on arrive à des salaires réduits de moitié en moins d’un an), ce n’est pas « que » ce spectre là qui s’est emparé d’Athènes comme de plusieurs autres villes, mais bien quelque chose de plus : cette nuit-là après le vote, un air d’insurrection a soufflé. Des dizaines de bâtiments incendiés (banques, institutions, supermarchés, « patrimoine historique », ministères,…), des centaines de commerces pillés et ravagés, en plus des barricades, durs affrontements contre les défenseurs de l’ordre, occupations de bâtiments, etc. Mais ce souffle dépasse toute tentative de « calcul »… tellement il est vaste, impliquant des dizaines de centaines de milliers de personnes, chacun et chacune avec ses rages, ses envies, ses idées, ses mains. Aucun politicien, aucun gestionnaire, aucune « politique » ne saura mettre la main là-dessus sans risquer de se brûler.

La pilule de l’austérité est imposée à tous les pays d’ Europe, la seule différence est dans le degré et le rythme. Partout, les derniers remparts de la « concertation sociale » entre exploiteurs et exploités s’effondrent… ils se voient remplacés soit par la résignation, le cynisme d’une survie sur le dos d’autres pauvres, la dépression et le suicide ; soit par la colère, la rage, la vie qui se remet à palpiter. Ce qui se passe en Grèce aujourd’hui, démontre au moins une chose : une insurrection sur le sol européen n’est pas aussi inimaginable que ça. Mieux encore, c’est possible et il n’y a pas à hésiter. La transformation des bases autoritaires et capitalistes de la société, la construction d’un autre monde basé sur la liberté, la solidarité, l’auto-organisation, passera par l’assaut contre l’existant, par la destruction violente, par de vastes insurrections.

Nous ne pouvons pas laisser asphyxier ce nouveau souffle, ce nouvel élan de révolte qui s’est montré en Grèce. Laisser isoler la révolte là-bas revient à creuser sa tombe cruelle et sanguinaire, la révolte de là-bas doit s’étendre, doit se lier avec les révoltes ici (certes plus modestes pour l’instant), doit nous encourager à intensifier nos attaques contre tout ce qui nous asphyxie, nous exploite et nous opprime. Car là-bas, c’est la possibilité d’un avenir qui a pointé le nez, comme c’est le cas avec dans les soulèvements en affrontements toujours en cours en Egypte, Tunisie, Syrie et ailleurs dans le monde. C’est la possibilité qui peut prendre corps et âme ici aussi, au cœur de la capitale européenne, où la rage est latente, les tensions palpables et les « aménagement » minces. Attendre n’est plus à l’ordre du jour, si jamais cela l’a été. Le conflit est là, il est quotidien et ça dépend de nous tous si l’on veut qu’il explose en de vastes mouvements de révolte et d’insurrections. La peur qui maintient tant de pauvres dans les rangs de l’ordre sociale, peut changer de camp, comme elle l’a fait là en Grèce. Trembler pour l’avenir incombera à d’autres, aux puissants, aux riches, aux exploiteurs.

Armons-nous du courage et de la détermination de faire face à ce monde, débarrassons-nous de la résignation et de l’acceptation, embrassons ce qui était inimaginable hier et possible aujourd’hui : l’insurrection contre l’existant.


--PDF
http://horsservice.wikidot.com/local--files/start/horsservice26.pdf


http://journalhorsservice.blogspot.com/

sabato 21 gennaio 2012

NON FIDES N°II



44 pages. A4 Plié Agrafé. Do It Yourself. Couverture papier glacé. Tirage à 800 exemplaires

Voici venu le numéro deux de notre journal, six mois après le premier dont nous n’avons plus d’exemplaires en stock mais que vous pouvez toujours télécharger ici.

--http://www.non-fides.fr/spip.php?article19


Pour réagir à nos articles, nous signaler des erreurs, nous porter conseil, nous insulter ou nous chatouiller les doigts de pieds, vous pouvez nous contacter à l’adresse non-fides(at)riseup.net. Nous nous ferons un plaisir de vous répondre (à notre rythme) ou de publier les interventions qui nous sembleront intéressantes.
Cette publication est coûteuse à produire (800 exemplaires cette fois ci...), c’est pourquoi nous la vendons prix libre. Prix libre parce qu’aujourd’hui nous sommes conditionnés pour payer ce qu’on nous dit de payer sans chercher à connaître le coût du service/produit ! Or, nous vous proposons le prix libre en vous informant du coût, pour que ce prix libre soit intelligent. Prix libre, ça peut vouloir dire gratuit (si tu penses que nous sommes des connards-sses ou que tu n’a tout simplement pas les moyens), ça peut vouloir dire le prix que le journal nous coûte pour nous aider à rentrer dans nos frais et ça peut vouloir dire aussi que tu mets un peu plus si tu souhaites nous soutenir… Ce journal est par ailleurs gratuit d’office pour ceux qui ne peuvent pas le payer pour des raisons qui sont les leurs (financières notamment) et pour ceux qui sont prisonniers et qui souffrent au trou pour que nous qui sommes « libres » puissions continuer la lutte.
Nous ne vous oublierons pas et sommes heureux de vous faire parvenir ce modeste bout de papier et vous souhaitons RAGE et COURAGE !

P.S : Merci à Jüül de nous avoir soigneusement concocté dans l’urgence une quatrième de couv’ à la hauteur de nos espérances !

http://mnarog.free.fr/main.html


Pour commander un exemplaire, écrire à non-fides(at)riseup.net
Nous pouvons aussi vous en envoyer plus si vous tenez une table de presse, un infokiosque, une distro non-profit etc.

Vous pourrez également vous procurer ce numéro à ces adresses :
- Quilombo (Librairie) : 23 Rue Voltaire 75011 Paris
http://www.librairie-quilombo.org/

- Le Point du Jour (Librairie) : 58 Rue Gay-Lussac 75005 Paris
- Parallèles (Librairie) : 47 rue St Honoré 75001 Paris
http://www.librairie-paralleles.com/

- Le Kiosk (info-shop) : Passage Dumas, 75011 Paris, M° Nation ou Rue des Boulets
http://aredje.net/kiosk.htm

- Le Tiers Mythe (Librairie) : 21 Rue Cujas 75005 Paris

Ou le commander sur internet Ici.
http://www.folkloredelazonemondiale.fr/mailorder/product_info.php?products_id=1496&osCsid=ba14182299c950df5c7889b95ac8ceec

Si vous n’en trouvez plus dans les lieux ci-dessus ou que vous en avez trouvés ailleurs, n’hésitez pas à nous envoyer un mail pour qu’on y remédie ou pour nous informer.


http://www.non-fides.fr/?NON-FIDES-NoII

venerdì 20 gennaio 2012

Now war is declared!


Perché questa raccolta di testi? Perché tutta questa carta e questo inchiostro?
Secondo le intenzioni di chi ha realizzato questa pubblicazione, si tratta di un condensato di contro-informazione e di analisi sulle sommosse che hanno scosso l’Inghilterra nel rovente agosto 2011. Scontri che assumono tutta la loro importanza nel cuore di coloro che non riescono più ad accettare questo miserabile quotidiano, che non vogliono più galleggiare in questo oceano di oppressione, che remano fino a riva con tutta la forza delle braccia per raggiungere altro. Un altro totalmente opposto a questo esistente che ci divora. Un altro impossibile da descrivere col vocabolario del presente. Un altro che considera lo Stato, il capitalismo, la società e l’esistente in generale, un ostacolo alla propria realizzazione. A dispetto delle frontiere e delle separazioni fatte dal potere, quelle rivolte ci hanno parlato direttamente. Le risate e le lacrime degli arrabbiati sono contagiose, sono uguali a quelle dei rivoltosi del novembre 2005 in Francia, degli insorti del Maghreb e del Mashrek del 2011 o del dicembre 2008 in Grecia. Sono le stesse perché tutte dettate dal medesimo desiderio di libertà, poco importa il contesto specifico di ciascuno di quei sollevamenti, perché la guerra sociale ha ben poche frontiere, proprio come il dominio.

Di fatto, l’Inghilterra degli ultimi anni si è lentamente (ri)trasformata in una polveriera pronta ad esplodere in qualsiasi momento. La contestazione è sempre meno imbrigliata nei recinti del cittadinismo inglese e, a poco a poco, per un numero crescente di persone la violenza non è più un tabù morale. Lo testimoniano, ad esempio, le rivolte «studentesche» della fine del 2010, nate col pretesto dell’aumento delle tasse scolastiche. Pur così abituati all’indolenza asettica delle aule universitarie, migliaia e migliaia di studenti hanno attaccato banche, edifici amministrativi, sbirri, monarchia, parlamento, appiccando diversi incendi, il tutto nella gioia immediata dell’istante emancipatore.
Le misure economiche di austerità in Inghilterra appaiono banali conferme della visione del mondo di chi le concepisce. Quando non c’è più denaro, lo si va a cercare da chi già non ne ha, perpetuando la disuguaglianza per salvaguardare l’ordine di questa società gerarchica. Alla crescente povertà si accompagna quasi sempre una esigenza di sicurezza da parte dei ricchi e dei potenti, perché talvolta con la miseria arriva la collera. Risultato, l’Inghilterra è diventata una sorta di bunker video-sorvegliato. Ci sono già più di 10.000 telecamere nelle strade della sola Londra, e gli effettivi della polizia sono via via aumentati nel corso degli anni. Una polizia che ha progressivamente imposto la sua presenza nelle strade attraverso la brutalità, al punto che nelle ultime sommosse la sua arroganza è diventata uno dei principali argomenti dell’odio scatenatosi contro gli sbirri. La risposta immediata dello Stato è stata l’invio di 16.000 unità in più, per sedare le rivolte nella capitale.

Altri testi di questa pubblicazione ripercorrono lo svolgimento delle rivolte scoppiate fra il 6 agosto 2011 e il 10 agosto 2011, prima in alcuni quartieri di Londra, poi nell’intera metropoli, per propagarsi infine ad altre grandi città industriali come Birmingham, Liverpool, Manchester e Bristol, ma anche Nottingham, Wolverhampton e West Bromwich.
Il primo ministro David Cameron, così come la ministra dell’Interno Theresa May, il sindaco di Londra Boris Johnson e il capo dell’opposizione Ed Miliband saranno costretti a rientrare di corsa dalle vacanze giungendo nella capitale lunedì 8 agosto. Cameron prende parte ad una riunione d’emergenza del Cobr (Cabinet Office Briefing Rooms – coordinamento di soccorsi allestito in Gran Bretagna in caso di catastrofe) e il 9 agosto, dalla scalinata dell’11 di Downing Street, si rivolge ai ribelli dichiarando che «se sono grandi abbastanza da commettere tali crimini, lo sono anche per essere puniti dalla legge». L’obiettivo delle autorità è chiaramente quello di uscire dal clima insurrezionale che si respira da qualche giorno, oltre che di frenare il fenomeno di diffusione delle violenze sul territorio. A tale scopo, viene richiamato tutto il personale addetto alla sicurezza. La Metropolitan Police annuncia la sua intenzione di fare uso di proiettili di gomma, in caso di necessità, per disperdere i facinorosi. In risposta alle sommosse, a partire dalla notte dell’8 agosto cominciano a formarsi comitati di autodifesa. Nel quartiere di Croydon, particolarmente toccato la notte precedente, vetrine e porte dei negozi vengono barricate a partire dalle 17 del 9 agosto. Nella notte fra il 9 e il 10 agosto, se la situazione sembra essersi calmata a Londra, scoppiano incidenti a Manchester, Salford, Liverpool, Wolverhampton, Nottingham, Leicester e Birmingham – dove tre uomini che fanno parte di un gruppo di autodifesa a guardia di una stazione di servizio e di alcuni negozi troveranno la morte che hanno cercato, per essersi posti militarmente a protezione della merce, investiti in pieno da un’automobile. Il 10 agosto, il primo ministro autorizza la polizia a utilizzare i cannoni ad acqua. L’11 agosto viene convocata una sessione straordinaria del Parlamento.

Governo e media operano contemporaneamente sul terreno della repressione e su quello, più psicologico, della propaganda. I servizi dei giornali non sono che torrenti di odio e disprezzo nei confronti dei rivoltosi. Si tratterebbe di imbecilli, di criminali, di psicopatici, di delinquenti, di terroristi… tutte le definizioni sono buone per stigmatizzare questa gioventù arrabbiata. Molta attenzione sarà rivolta, dai media e dalla sinistra, al fatto che i rivoltosi abbiano attaccato anche «le proprie comunità». Ci riprovano con la storia della zappa sui piedi del novembre 2005. La propaganda del potere viene sostenuta dall’opposizione, da gran parte dell’estrema sinistra e occasionalmente da buona parte del movimento anarchico organizzato, per il quale queste sommosse non sarebbero opera di soggetti “coscienti”, ma di giovani disadattati avidi di merci. Insomma, un grande classico per parecchi rivoluzionari, sempre più inclini a sputare sulle rivolte – che appaiono loro troppo spontanee, troppo umane, troppo reali – piuttosto che a ribellarsi essi stessi.
Prendiamo il comunicato della North London Solidarity Federation [organizzazione anarco-sindacalista] la quale, senza che nessuno le abbia chiesto qualcosa, afferma di non poter «in alcun modo approvare gli attacchi contro lavoratori ed innocenti», riferendosi alla «devastazione dei trasporti pubblici, utilizzati principalmente dalle classi popolari». Premurandosi, a scanso di equivoci, di facilitare il lavoro della polizia – «noi non siamo in alcun modo implicati nelle sommosse e nei saccheggi» – finiscono col chiamare la gente ad organizzarsi contro le rivolte: «le persone devono unirsi per difendersi, quando tali violenze minacciano le loro case e le loro comunità». E fustigano la mancanza di direzione: «la legittima collera dei rivoltosi sarebbe molto più potente se indirizzata in modo collettivo e democratico». Un comunicato abbastanza sintomatico (che si affretterà ad approvare e sostenere la Cnt-Ait, per quanto sia stata una delle sole organizzazioni libertarie ad aver criticato il paternalismo delle altre sorelle dopo i moti francesi del 2005) del malessere della sinistra di fronte alla spontaneità di quanti non hanno letto i suoi ammuffiti libri polverosi.

Nel contempo, un cittadinismo astioso troverà lo spazio di esprimersi pubblicamente, con la benedizione di una parte della popolazione, dei media e dei politici. Poi, allorché la situazione comincia a diventare più tranquilla, vengono organizzate alcune manifestazioni. I manifestanti sono armati di scope e secchi per «lavare le strade». Alcuni volontari partecipano alla gran pulizia del disordine generato dai rivoltosi, esibendo magliette e cartelli su cui si legge che i rivoltosi sono “canaglie” e scagliandosi violentemente contro le sommosse, come avviene nel quartiere londinese di Clapham. Lo schema di una dimostrazione che reclama sicurezza, allo scopo di rafforzare le possibilità di una guerra fra poveri, non è nuovo. Abbiamo potuto constatare questo tipo di strategia del potere nel quartiere di Belleville, a Parigi, con le manifestazioni «Sicurezza per tutti» costellate da linciaggi razzisti contro i «ladri». Un movimento cominciato con una campagna da Twitter intitolata graziosamente «Riot Clean-Up». L’aria che vi si respira è paciosa: si alza la scopa, si scandiscono slogan reazionari, si applaudono polizia e pompieri. Il sindaco di Londra Boris Johnson, presente a tali manifestazioni nauseabonde, ha sentito la folla che lo interpellava «Where’s your broom?» (dov’è la tua scopa?), prima che qualcuno gliene passasse una che lui ha simbolicamente mostrato in alto, ad uso e consumo delle telecamere. Una simile iniziativa è ovviamente manna dal cielo per il potere ed i suoi media, che non esiteranno a paragonarla al movimento di solidarietà creatosi in occasione dell’attacco tedesco nella seconda guerra mondiale, nel momento in cui la propaganda del potere inglese, come d’abitudine, cerca di identificare in senso razziale e comunitario le violenze. La qual cosa genererà una distinzione fra i rivoltosi, dalle origini assai varie, e le milizie dei negozianti, piuttosto “mono-etniche”. Un modello difficilmente importabile in Francia, malgrado le milizie di commercianti della «comunità asiatica» di Aubervilliers.

Qualche mese dopo le sommosse, la polizia intensifica le sue spedizioni punitive nei quartieri poveri. Capita che circondi interi quartieri, allo scopo di effettuare il maggior numero possibile di perquisizioni, per portare più gente possibile davanti ai tribunali e poi in prigione. Solo a Londra, queste operazioni a tappeto porteranno a oltre 2000 arresti, con una media di circa cento al giorno dalla fine delle rivolte. Gli organi di informazione, avvisati anzitempo di questi rastrellamenti, arrivano sul posto per primi per produrre le loro immagini di propaganda. La polizia ha dichiarato di ricercare migliaia di persone coinvolte, a suo dire, nei disordini. In tutto il paese si stanno visionando 40.000 ore di registrazioni di videosorveglianza, un lavoro che non si concluderà prima di alcuni anni, secondo la polizia, la quale minaccia arresti anche in un lontano futuro.

Ad ogni grossa operazione poliziesca, i media esaltano l’ "eroismo” degli sbirri, quelle bande di vigliacchi superarmati che s’introducono all’improvviso nelle case delle persone per sequestrarle durante il sonno. E dall’altra parte riversano un incessante fiume di veleno contro i protagonisti della rivolta. L’11 agosto, per esempio, una cinquantina di sbirri si scatena a Churchill Gardens Estate, un quartiere di Pimlico a Westminster. Un raid coperto dai grandi organi di informazione. Il Daily Telegraph intitolerà «I saccheggiatori d’Inghilterra hanno ricevuto una dose della loro stessa medicina», osando comparare l’incomparabile: la violenza istituzionale e quella degli oppressi.
Lo stesso giorno, 120 sbirri effettuano una retata gigantesca a Lambeth, sfondando le porte e trascinando le persone per strada. Ci saranno più di cento retate di questo tipo in una sola giornata. Un gran numero di sbirri vestiti di nero, armati e mascherati, violano le abitazioni delle famiglie entrando da tutte le porte, svegliano i bambini prendendoli di mira con le pistole e li costringono ad uscire sul pianerottolo così come si trovano e sotto la minaccia di un’arma, mentre i loro appartamenti sono devastati da un tornado.

A questa dura vendetta della società prendono parte tutte le istituzioni dello Stato. Alle famiglie delle persone sospettate di aver partecipato ai disordini vengono tolti i sussidi pubblici, mentre i tribunali fanno il loro lavoro di morte giorno e notte senza interruzione. I giudici ricevono direttive confidenziali che ingiungono loro di condannare sistematicamente a una pena detentiva qualsiasi forma di partecipazione, attiva o passiva, alle rivolte. Le prigioni si riempiono fino a scoppiare e viene persino avanzata la proposta di requisire imbarcazioni per farne delle prigioni temporanee. Nel frattempo, politici e media reclamano ed annunciano condanne pesanti. La polizia ed ogni sorta di milizia cittadina setacciano i «social network». Le immagini dei media, delle telecamere di sorveglianza e dei cellulari vengono esposte per strada, sui giornali ed in rete, così da permettere alla polizia di identificare le persone attraverso la delazione. Sulla facciata del centro commerciale Debenhams, a Londra, si invita la brava gente a denunciare i «ratti incappucciati».

Si potrebbe citare l’esempio di Amed Pelle, a New Basford, gettato in prigione per due anni e nove mesi dopo un processo per direttissima per aver scritto su Facebook che per «ogni nero assassinato, ci sarà un milione di sbirri ammazzati», benché nulla consentisse al tribunale di sostenere che l’imputato aveva partecipato alle sommosse. Ancora più grave, altri due ragazzi vengono condannati a quattro anni di carcere per «organizzazione di rivolte su Facebook» (sic!), rivolte che non hanno nemmeno avuto luogo nel nord-ovest: si è trattato infatti di uno scherzo, ma la giustizia, si sa, non scherza affatto. Si potrebbero citare molti altri casi, come i sedici mesi di carcere presi per aver leccato un gelato rubato da qualcun altro. Il 12 agosto, il Daily Mail titola: «Dopo giorni interi a ricevere mattoni e cocktail molotov, è l’ora della vendetta».

Di fronte al gran numero di saccheggi (non impediti dalla polizia pur di evitare scontri diretti perdenti) e più in generale di fronte all’ampia diversità di pratiche sperimentate nel corso delle sommosse, ci saranno sempre fini palati, più o meno radicali, che si indigneranno per tale o tal’altra pratica, per gli eccessi o gli sbagli di questa o quell’altra “categoria” di rivoltosi. Sì, ci sono state case incendiate (per fortuna senza vittime); e sì, sicuramente c’è stata qualche deriva qua e là.
Dobbiamo sbarazzarci dell’ottusa immagine dei movimenti di rivolta diffusa visti come una massa omogenea, coordinata, motivata dagli stessi fini. Quelle giornate di rivolta sono state molto caotiche, cosa che ha contribuito al mutismo della folla e all’assenza di portavoce o di rivendicazioni nei confronti del nemico. Di fatto, chiunque poteva parteciparvi, non c’era un buttafuori all’entrata, e nemmeno un’entrata. E non si può scagliare la propria putrida morale contro migliaia di rivoltosi per gli atti sconsiderati di qualcuno.
Nei giornali inglesi ci viene detto che l’«opinione pubblica», di destra e di sinistra, attribuisce i disordini prima di tutto a cattiva educazione, a una cultura da bande di strada, a comportamenti criminali e ad un’insufficienza delle pene detentive, assai più che alle diseguaglianze sociali, alla disoccupazione o ai tagli della spesa pubblica. Secondo Peter Oborne, analista politico a capo del Daily Telegraph, le sommosse rivelano la «decadenza morale» della società britannica nel suo complesso, la cultura dell’accaparramento e dell’impunità. Ed Miliband, a capo dell’opposizione laburista, gli fa eco denunciando una «crisi di valori», mentre il primo ministro Cameron punta il dito sul «cedimento delle strutture familiari e l’eccessiva dipendenza dallo Stato». Nei giornali francesi ci parlano di «malessere sociale». I sociologi e i giornalisti progressisti ci ruttano in faccia le loro analisi socioculturali da quattro soldi sulla «composizione sociale» dei rivoltosi, gli psicologi ci rompono con il loro complesso di Edipo ed i recuperatori si divertono a ricoprire con le loro rancide ideologie la collera dei rivoltosi. Ce ne infischiamo di tutto questo circo democratico. A dirla tutta, ce ne fottiamo alla grande di sapere se queste sommosse siano più o meno “politiche”, se i ribelli siano più o meno “coscienti”. Ciò che ci interessa è che permettono a chi vi prende parte di intravedere un po’ della libertà e della gioia che si può ottenere nella distruzione e nello scontro con l’autorità, e di rendere questa esplosione auspicabile e contagiosa.
In quanto ribelli, la nostra solidarietà va a tutti coloro che in quei giorni hanno combattuto la polizia e il regno del denaro, poiché ciò potrebbe accadere anche da noi, in Francia come altrove; una solidarietà che esprime complicità in primo luogo nei confronti dei “colpevoli”.

Ravage Éditions->http://ravage-editions.blogspot.com],
ottobre 2011.

[Introduzione alla raccolta Now war is declared, Les émeutes anglaises d’août 2011]

ournal à numéro unique, 48p, format A4.

Ce journal contient contre-information, analyses, chronologie et textes traduit de l’anglais, mais aussi d’autres langues, le tout dans une perspective antiautoritaire.

Sommaire:
• Now war is declared ! Une introduction - p.3
• Déroulement des émeutes - p.8
• La lutte contre l’existant continue - p.12
• Tottenham contre-attaque - p.18
• Les yeux grands ouvert à Londres - p.19
• Communiqué d’une attaque à Bristol - p.20
• London Calling (Belgique) - p.21
• Cinq postes de police attaqués à Nottingham - p.22
• London Calling (Italie) - p.23
• Les mots d’un émeutier - p.25
• Leave them kids alone ! - p.26
• Retour sur la répression des émeutes de Londres - p.27
• Nouvelles technologies + police + citoyenneté = Répression 2.0 - p.33
• Don’t panic don’t talk - p.38
• Compte-rendu de la manifestation du 13 août - p.39
• Manif anti-flic devant la prison de Brixton - p.40
• Contre toute autorité - p.41
• London Calling (Allemagne) - p.42
• Affiche grecque de solidarité - p.43
• Pour mémoire : Nothing to lose ! - p.44


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Now war is declared !


Pourquoi cet ouvrage ? Pourquoi tant d’encre et de papier ?
Pour les quelques personnes qui l’ont conçue, cette brochure se veut un condensé de contre-information et d’analyses autour des émeutes qui ont secoué l’Angleterre en ce mois d’août brûlant de 2011. Des incidents qui prennent toute leur importance dans les cœurs de ceux qui ne peuvent plus accepter ce quotidien misérable, qui ne se laissent plus flotter sur cet océan d’oppression, qui rament jusqu’à la rive à la force de leurs bras pour atteindre autre chose. Un autre chose complètement opposé à cet existant qui nous dévore. Un autre chose que l’on ne peut décrire avec le vocabulaire du présent. Un autre chose qui voit dans l’Etat, le capitalisme et la société, et dans l’existant en général, un obstacle à sa réalisation. Au mépris des frontières et des séparations des pouvoirs, ces émeutes nous ont directement parlé, les rires et les larmes des enragés sont communicatifs, ils sont les mêmes que ceux des émeutiers de novembre 2005 en France, des insurgés du Maghreb et du Machrek de 2011 ou ceux de décembre 2008 en Grèce, ils sont les mêmes parce qu’ils sont tous conditionnés par un même désir de liberté, peu importe le contexte particulier de chacun de ces soulèvements, parce que la guerre sociale a aussi peu de frontières que la domination.


De fait, l’Angleterre de ces dernières années s’est lentement (re-)transformée en une poudrière prête à exploser à tout moment. La contestation est de moins en moins contenue dans les limites du citoyennisme anglais, et peu à peu, pour de plus en plus de gens, la violence n’est plus un tabou moral. En témoigne par exemple les émeutes « étudiantes » de la fin 2010 sous le prétexte de la hausse des frais de scolarité. Pourtant si habitués à la mollesse du formol des bancs universitaires, des milliers et des milliers d’entre eux ont attaqué les banques, les bâtiments publics, les flics, la monarchie, le parlement et déclenché de nombreux incendies, tout cela dans la joie immédiate de l’instant émancipateur.
Les mesures économiques d’austérité en Angleterre apparaissent telles qu’elles sont, de banales confirmations de la vision du monde de ceux qui les conçoivent. Lorsqu’il n’y a plus d’argent, on va le chercher chez ceux qui n’en ont déjà plus, on perpétue l’inégalité pour maintenir cette société de hiérarchie en bon ordre. A la pauvreté croissante s’ajoute presque toujours la demande de sécurité des riches et des puissants, car avec la pauvreté peut parfois venir la colère. Résultat, l’Angleterre est un peu devenue un bunker vidéo-surveillé.

Il y a déjà plus de 10 000 caméras dans les rues pour Londres seule, et les effectifs policiers ont été augmentés au fur et à mesure des années. Une police qui a progressivement pu imposer sa présence dans les rues par la brutalité, à tel point que son arrogance est devenue, lors de ces dernières émeutes, un des arguments principaux de la haine anti-flic qui s’est déchaînée. Pour réponse immédiate, l’État envoi 16 000 flics supplémentaires pour maîtriser les émeutes dans la capitale.

Les prochains textes de cette brochure reviendront en détail sur le déroulement de ces émeutes qui ont eu lieu du 6 août 2011 au 10 août 2011 dans certains quartiers de Londres d’abord, puis dans toute la ville pour se propager dans d’autres grandes villes industrielles comme Birmingham, Liverpool, Manchester et Bristol, mais aussi Nottingham, Wolverhampton ou West Bromwich.

Le Premier ministre David Cameron, ainsi que la ministre de l’intérieur Theresa May, le maire de Londres, Boris Johnson, et le chef de l’Opposition Ed Miliband ont mis fin en urgence à leurs vacances et sont rentrés dans la capitale dans le cours de la journée du lundi 8 août. Cameron assiste alors à une réunion de crise au COBR [1] et, le 9 août, déclare sur le perron du 11, Downing Street, à l’adresse des émeutiers, que s’ils sont « assez âgés pour commettre de tels crimes, ils le sont aussi pour être punis par la loi ». L’objectif des autorités est clairement de sortir du climat insurrectionnel observable depuis le week-end, si ce n’est de donner un coup d’arrêt au phénomène d’amplification des violences sur le territoire. À cette fin, tout le personnel de sécurité a été rappelé. La Metropolitan Police a annoncé son intention de faire usage de balles en caoutchouc pour disperser les perturbateurs si nécessaire. Face aux émeutes, des groupes d’autodéfense commencent à se constituer dans la nuit du 8 août. Dans le quartier de Croydon, très touché la veille, les devantures de boutiques sont barricadées dès 17 h le 9 août. Dans la nuit du 9 au 10 août, si la situation semble s’être calmée à Londres, des incidents éclatent à Manchester, Salford, Liverpool, Wolverhampton, Nottingham, Leicester et Birmingham, où trois hommes, qui faisaient partie d’un groupe d’autodéfense chargé de protéger une station-service et des boutiques, trouvent la mort qu’ils avaient cherchés en se mettant dans cette position milicienne de protection de la marchandise, renversés par une voiture. Le 10 août, le Premier ministre autorise la police à utiliser des canons à eau. Une session extraordinaire du Parlement se tient le 11 août.

Gouvernement et médias ont joué à la fois sur le tableau répressif, et sur celui plus psychologique, de la propagande. Les couvertures des journaux ne sont que torrents de haine et de mépris pour les émeutiers. Ce sont des imbéciles, des criminels, des psychopathes, des gangs, des terroristes... tous les qualificatifs sont bons pour stigmatiser cette jeunesse en rage. Beaucoup d’attention a été portée par les médias et la gauche sur le fait que les émeutiers ont attaqué « leurs propres communautés ». On nous ressort le coup de la balle dans le pied de novembre 2005...La propagande du pouvoir est relayée par l’opposition, par une grande partie de l’extrême-gauche et de façon plus anecdotique par une bonne partie du mouvement anarchiste organisé, pour qui ces émeutes n’étaient pas l’œuvre de sujets « conscients », mais celle de jeunes désaxés avides de marchandises. En somme un grand classique pour de nombreux révolutionnaires, toujours plus enclins à chier sur les révoltes réelles, leur paraissant trop spontanées, trop humaines, trop réelles, qu’à se révolter eux-mêmes. Prenons par exemple le communiqué de la North London Solidarity Federation, qui, alors que personne ne lui avait rien demandé, affirme qu’elle ne peut, « d’aucune manière soutenir des attaques contre les travailleurs et les innocents », faisant référence au « saccage de moyens de transports en commun employés principalement par les classes populaires ». Prenant soin de mâcher le travail de la police au passage, « nous ne sommes aucunement impliqués dans ces émeutes et actes pillages », ils finissent par appeler les gens à s’organiser contre les émeutes : « les gens doivent s’unir pour se défendre quand de telles violences menacent leurs maisons et leurs communautés. » Et de fustiger le manque de direction : « la légitime colère des émeutiers serait beaucoup plus puissante si elle était dirigée collectivement et démocratiquement ». Un communiqué assez symptomatique [2] du malaise gauchiste face à la spontanéité de ceux qui n’ont pas lu les mêmes livres moisis de poussière qu’eux.

Au même moment, un citoyennisme haineux a trouvé la place de s’exprimer en pleine rue avec la bénédiction d’une partie de la population, des médias et des politiciens. Des manifestations sont organisées alors que la situation commence à se calmer. Les manifestants sont armés de balais et de seaux pour « laver les rues ». Des volontaires participent au grand nettoyage du foutoir généré par les émeutiers, portant fièrement des t-shirt et des pancartes affirmant que les émeutiers sont des « racailles » et prononçant des discours extrêmement violents à l’encontre des révoltés, comme ce fut le cas dans le quartier de Clapham à Londres. Le schéma d’une manifestation sécuritaire pour renforcer les possibilités d’une guerre entre les pauvres n’est pas nouveau. On a pu constater ce type de stratégie du pouvoir dans le quartier de Belleville à Paris avec les manifestations « Sécurité pour tous » ponctuées de lynchages racistes contre les « voleurs » [3]. Ce mouvement a été initié par une campagne Twitter au doux nom de « Riot Clean-Up ». L’ambiance y est bon enfant, on lève son balai, on chante des slogans réactionnaires, on applaudit la police et les pompiers. Le maire de Londres, Boris Johnson, présent lors de ces manifs nauséabondes a vu la foule lui scander « Where’s your broom ? » (où est votre balai ?), avant qu’on lui en tende un qu’il a symboliquement levé pour les caméras. Pour le pouvoir et ses médias, cette initiative, qu’ils n’hésitent pas à comparer au mouvement de solidarité apparu pendant le Blitz allemand de la seconde guerre mondiale, est évidemment une aubaine, au moment même où la propagande du pouvoir anglais s’attache à racialiser et communautariser les violences, comme à son habitude. Ce qui provoquera le fait que contrairement aux émeutiers très mélangés en terme d’origines, les milices de commerçants, elles, ont été « mono-ethniques ». Un modèle qui peine à s’importer en France, malgré les milices de commerçants de la « communauté asiatique » d’Aubervilliers.

Quelques mois après les émeutes, la police intensifie toujours fortement son activité de terreur punitive dans les quartiers pauvres. Des quartiers entiers sont parfois bouclés afin de permettre à des équipes mobiles de mener le plus grand nombre de perquisitions possible en traînant un maximum de gens devant les tribunaux, puis dans les prisons. Rien qu’à Londres ces opérations massives ont offert plus de 2000 arrestations, avec une moyenne d’environ cent par jour depuis la fin des émeutes. Les médias informés à l’avance des ces opérations, sont sur place en avance pour produire leurs images de propagande. La police affirme rechercher des milliers de personnes différentes impliquées selon elle dans les troubles. A travers le pays, 40 000 heures de bandes de vidéo-surveillance sont en cours d’examen, un travail qui sera fait sur plusieurs années selon la police, promettant des arrestations jusqu’à loin dans le futur.

A chaque grosse opération les médias mettent en avant l’« héroïsme » des fics, ces bandes de lâches surarmés qui s’introduisent par surprise chez les gens pour les séquestrer dans leur sommeil. Et de l’autre côté, on fustige avec un flot continu de venin, les acteurs de la révolte. Le 11 août par exemple, une cinquantaine de flics fait main basse sur Churchill Gardens Estate, un quartier de Pimlico à Westminster. Une opération couverte par les grands médias. The Daily Telegraph titre alors « Les pillards d’Angleterre ont reçu une dose de leur propre médecine », osant comparer l’incomparable : la violence institutionnelle et celle des opprimés.
Le même jour à Lambeth, une gigantesque rafle est menée par 120 flics défonçant les portes et traînant les gens dans la rue. Il y aura plus de cent rafles de ce genre en un jour. Un grand nombre de flics en noir, armés et cagoulés, violant les domiciles familiaux par les portes avant et arrière, réveillant les enfants en les pointant de leurs flingues, leur ordonnant de sortir sur leur palier en sous-vêtements et sous la menace d’une arme pendant que leurs appartements sont ravagés par une tornade.

Cette vengeance crue de la société implique toutes les institutions de l’Etat. Des allocs sont sucrées aux familles des personnes soupçonnées d’avoir participé aux troubles pendant que les tribunaux font leur travail de mort de jour comme de nuit, alors que les juges reçoivent des directives confidentielles les enjoignant à condamner systématiquement par de la prison ferme toute forme de participation, qu’elle soit active ou passive, aux émeutes. Les prisons se remplissent donc à craquer, la proposition de réquisitionner des bateaux pour en faire des prisons temporaires a même été évoquée. Pendant ce temps-là politiciens et médias réclament et annoncent de lourdes peines. La police et toutes sortes de milices citoyennes investissent les « réseaux sociaux » sur internet, et les images des médias, des caméras et des téléphones portables sont affichées dans les rues, les journaux et la toile pour permettre à la police d’identifier des gens par le biais de la délation. Sur la façade du centre commercial Debenhams, à Londres, on appelait les honnêtes gens à dénoncer les « rats à capuche ».

On peut citer le cas d’Amed Pelle à New Basford, jeté en prison pour deux années et neuf mois dans un procès expéditif pour avoir écrit sur Facebook qu’à « chaque noir assassiné, il y aura un million de flics tués ». Rien ne permettait au tribunal d’avancer que l’accusé avait participé aux émeutes, il n’en était pas question. Plus grave encore, deux autres hommes ont eux été condamnés à quatre années de prison ferme pour « organisation d’émeutes sur Facebook » (sic) qui n’ont même pas eu lieu dans le Nord-Ouest, il s’agissait en fait d’une blague, mais la justice, elle, ne blague plus. On peut citer de nombreux autres cas, comme les seize mois de prison ferme pour avoir léché une glace pillée auparavant par un autre. Le 12 août, The Daily Mail titre : « Après des jours à se prendre des briques et des cocktails molotovs, c’est l’heure de la vengeance ».

Face à l’abondance des pillages (dus à la volonté de la police d’éviter les affrontements directs perdants) et plus généralement face à la grande diversité des pratiques expérimentées lors de ces émeutes, il y aura toujours de fines bouches, radicales ou non, pour s’indigner de telle ou telle autre pratique, débordement ou erreurs de telle ou telle autre « catégorie » d’émeutiers. Oui, il y a eu des habitations parties en fumée (qui n’ont heureusement pas fait de victimes), oui il y a certainement eu des dérives ici ou là.
Il faut se débarrasser de cette vision obtuse des mouvements de révolte massive vus comme une masse homogène, coordonnée, motivée par les mêmes buts. Ces quelques jours d’émeutes ont été très chaotiques, ce qui a contribué au mutisme de la foule et son absence de porte-parole ou de revendication à l’ennemi. De fait n’importe qui peut y participer, il n’y a pas de videur à l’entrée, ni d’entrée du tout. Et on ne peut pas jeter sa morale pourrie sur des milliers d’émeutiers pour les actes de quelques-uns en décalage avec ce qui se passe.

Dans les journaux anglais, on nous dit que l’« opinion publique », de droite comme de gauche, impute prioritairement les désordres à la défaillance des parents, à la culture de gang, aux comportements criminels et à l’insuffisance des peines de prison, loin devant les inégalités sociales, le chômage ou les coupes budgétaires. Pour Peter Oborne, analyste politique en chef au Daily Telegraph, les émeutes révèlent la « décadence morale » de la société britannique tout entière, la culture de la vénalité et de l’impunité. Ed Miliband, chef de l’opposition travailliste, fait écho à cela en dénonçant une « crise des valeurs » tandis que le premier ministre Cameron pointe du doigt l’« effondrement des structures familiales et la dépendance excessive envers l’État ». Dans les journaux français on nous parle d’un « malaise social ». Les sociologues et journalistes progressistes nous rotent à la gueule leurs analyses socio-culturelles à deux francs sur la « composition sociale » des émeutiers, les psychologues nous bassinent avec leur complexe d’œdipe et les récupérateurs s’amusent à plaquer leurs idéologies rances sur la colère des révoltés. Nous nous foutons de tout ce manège démocratique. A vrai dire, nous nous foutons arbitrairement de savoir si ces émeutes sont « politiques » ou non, ou si les rebelles sont « conscients », ce qui nous importe c’est qu’elles permettent à ceux qui les font d’entrevoir un peu de la liberté et de la jouissance qui peut les attendre dans la destruction et dans l’affrontement avec l’autorité, et de rendre cet éclat souhaitable et contagieux.

En tant que révoltés, notre solidarité va à tous ceux qui ont combattu la police et le règne du fric pendant ces quelques jours, car cela pourrait bien nous arriver, en France comme ailleurs, une solidarité qui exprime sa complicité avec les « coupables » en premier lieu.

Octobre 2011,
Ravage Éditions.

Introduction du journal à numéro unique sur les émeutes anglaises d’août 2011, Now war is declared, Ravage Éditions, octobre 2011.

http://ravage-editions.blogspot.com/


Journal à numéro unique, 48p, format A4.

Ce journal contient contre-information, analyses, chronologie et textes traduit de l’anglais, mais aussi d’autres langues, le tout dans une perspective antiautoritaire.

Sommaire :
• Now war is declared ! Une introduction - p.3
• Déroulement des émeutes - p.8
• La lutte contre l’existant continue - p.12
• Tottenham contre-attaque - p.18
• Les yeux grands ouvert à Londres - p.19
• Communiqué d’une attaque à Bristol - p.20
• London Calling (Belgique) - p.21
• Cinq postes de police attaqués à Nottingham - p.22
• London Calling (Italie) - p.23
• Les mots d’un émeutier - p.25
• Leave them kids alone ! - p.26
• Retour sur la répression des émeutes de Londres - p.27
• Nouvelles technologies + police + citoyenneté = Répression 2.0 - p.33
• Don’t panic don’t talk - p.38
• Compte-rendu de la manifestation du 13 août - p.39
• Manif anti-flic devant la prison de Brixton - p.40
• Contre toute autorité - p.41
• London Calling (Allemagne) - p.42
• Affiche grecque de solidarité - p.43
• Pour mémoire : Nothing to lose ! - p.44

Il sera exceptionnellement disponible au prix fixe de 4€ l’exemplaire, et de 3€ l’unité à partir de cinq exemplaires. Tout l’argent qui sera récolté servira à soutenir des compagnons rackettés par la justice dans le cadre de la lutte contre les centres de rétention et la machine à expulser.


Pour commander votre exemplaire, pour les distros, pour en poser dans des lieux de diffusion, contactez cette adresse : ravage(at)riseup.net


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martedì 10 gennaio 2012

Retour A' Bellaville




Le 20 juin 2010, avait lieu dans le quartier de Belleville (Nord-Est de Paris) une manifestation pour la « sécurité », organisée par diverses associations censées représenter la « communauté asiatique » pour demander aux autorités le renforcement d’un arsenal répressif qui nous pourrit déjà la vie (plus de flics, de caméras, de sanctions etc.). Durant cette manifestation, des échauffourées ont éclaté dans le quartier entre des centaines de manifestants contre la police, accusée de mal faire son travail, puis après le départ programmé de celle-ci, contre quelques gamins isolés et identifiés par la vindicte populaire comme des « voleurs » à punir par des critères tels que la tenue vestimentaire et la couleur de peau.

Les quelques textes recueillis ici sont des analyses de la situation dans le quartier, sur fond de tensions communautaires, ainsi que des tracts et affiches diffusés et collées aux alentours par quelques anarchistes antagonistes. En réaction à ces évènements d’abord, mais aussi dans l’espoir d’ouvrir de nouvelles perspectives pour la guerre sociale ici comme ailleurs, pour que la haine se retourne contre ceux qui nous dominent au quotidien, qu’il s’agisse des flics et des patrons ou de tout autre représentant officiel ou informel de l’autorité capitaliste, étatique, communautaire, religieuse et patriarcale ; qu’elle ne serve plus à nourrir les intérêts des ennemis de la liberté pour tous par le biais de la guerre entre exploités.

Sommaire :
- Réflexions à chaud sur les émeutes réactionnaires de Belleville (texte publié le soir du 20 juin 2010, quelques heures après la fin de l’émeute, sur le site "Base de Données Anarchistes")

- A Belleville comme ailleurs... (texte trouvé en juin 2010 sous forme de tract et d’affiche sur les murs et dans les rues de Belleville)

- Non, vraiment, t’aimes ton quartier ? (tract trouvé dans les rues de Belleville à Paris, juillet 2010)

- Aprés la vague... (texte d’analyse sur la situation à Belleville, son histoire, et retour sur les événements récents ainsi que sur l’agitation anarchiste autour de ceux-ci)

- Au hasard des promenades murales (photographies de quelques inscriptions murales apparues depuis le 20 Juin)

- Qui sommes-nous ?

Cela fait déjà quelques temps que nous sommes présents sur ce marché, avec notre table de presse, nos sourires (parfois) et nos yeux fatigués (toujours). Comme beaucoup le savent déjà, nous sommes là pour parler de nos idées, les diffuser, faire connaitre des textes sous forme de brochures qui nous paraissent importants, faire des propositions, toujours sans médiation. Cependant une question nous revient souvent, « c’est quoi les anarchistes ? ».

On connait mal les anarchistes, et souvent on croit connaitre leurs idées alors qu’en fait nous n’en entendons parler que par le biais de faits divers (sabotages, émeutes, actions directes) transmis par la police aux journalistes, qui eux-mêmes redistribuent l’« information » au plus grand nombre. Jamais pourtant ces « informations » n’ont réellement abordé le fond de la pensée de ceux qui luttent pour l’anarchie, hormis dans le but de désinformer et stigmatiser pour mieux réprimer ensuite. On nous parle souvent de l’affaire de Tarnac et des sabotages de caténaires SNCF dont les médias parlaient tant il y a quelques temps, ou encore de la campagne récente de sabotage de distributeurs de billets de banques balances en solidarité avec les sans-papiers.

Les anarchistes en fait ont à cœur de comprendre pourquoi la terre et tout ce qui s’y trouve ne constitue pas un héritage commun à tous ceux qui la peuplent. Pourquoi certaines personnes ont fait le choix de se l’approprier et de la léguer à leurs héritiers ? Pourquoi, selon le bout de terre, exécute-t-on celui qui vole pour survivre ? Pourquoi enferme-t-on des gens qui n’ont pas le bon bout de papier ? Pourquoi traite-t-on les femmes comme des sous-hommes ? Pourquoi alors qu’une majorité est exploitée, une minorité tient les rennes de cette exploitation ? Il y a encore beaucoup de questions comme celles-la... Mais parmi elles, la plus importante est certainement : Pourquoi les dominés du monde entier acceptent-ils ce sort alors qu’il suffirait qu’ils se révoltent pour vaincre la minorité de dominants ?

Pour comprendre les idées des anarchistes, il suffit d’imaginer un monde dans lequel l’entraide remplacerait domination et concurrence. Ce monde n’est pas celui que nous connaissons.

Les anarchistes font partie de ceux qui sont en guerre contre l’existant, cet état du monde qui fait froid dans le dos ; qui ne veulent plus accepter cet ordre fou des choses, ce statu quo, qui en imposant sa paix impose la censure de nos désirs. Cette paix qui ne peut que s’imposer par la violence de l’Etat et de l’économie entre directement en conflit avec nos aspirations de liberté, avec la nécessité indivisible de combattre au quotidien. Et comme le disait en 1854 l’anarchiste Joseph Déjacque (que vous avez certainement déjà croisé sur notre table), « par le bras et le cœur, Par la parole et la plume, Par le poignard et le fusil, Par l’ironie et l’imprécation, Par le pillage et l’adultère, Par l’empoisonnement et l’incendie », les anarchistes combattent depuis des siècles la domination et l’autorité.

Nous sommes contre toute forme d’Etat et d’institutions, nous détestons la société parce qu’elle ne fait qu’opprimer les individus qui la composent, nous voulons détruire les prisons parce que l’enfermement sert à notre neutralisation sociale, parce qu’il n’a jamais rien réglé en profondeur, parce que nous ne supportons plus que la société se venge contre nous ou tous ceux qui ne supportent plus ce monde.

Si tout cela ne te fait pas peur, si comme nous tu penses que le jeu en vaut la chandelle, jette ce bout de papier et regarde autour de toi : la domination est partout : agences d’intérim, pôle emploi, boutiques de luxe, commissariats, palais de justice, centres de rétention, prisons, usines, supermarchés, expulseurs, vigiles, tous tirent profit de ta domination. Tous doivent payer pour les marques sur nos mains, pour les blessures mentales et physiques dont ils ont parsemé nos corps et nos esprits.

Et tant que ce monde existera, nous prônerons la haine de ce monde.
Et tant que ce monde existera, nous continuerons de diffuser nos idées ici comme ailleurs, alors discutons un peu.

Des anarchistes.

[Tract trouvé sur un marché quelque-part dans le nord-est de Paris.]

--DOWNLOAS la brochure mise en page : Retour sur la récente flambée sécuritaire, réactionnaire et raciste à Belleville (version page par page) - PDF (25.7 Mo) - 20 pages A4 à transformer en brochure de 20 pages A5.
http://infokiosques.net/IMG/pdf/retour_a_belleville-20p-A4-fil.pdf

--télécharger la brochure mise en page : Retour sur la récente flambée sécuritaire, réactionnaire et raciste à Belleville (version cahier) - PDF (25.7 Mo) - 20 pages A5.
http://infokiosques.net/IMG/pdf/retour_a_belleville-20p-A5-cahier.pdf


http://retourabelleville.blogspot.com/

lunedì 9 gennaio 2012

"Vive la lutte des harragas!" [Journal Mural]


[Journal Mural - posté sur indymedia paris le 28 juin 2011]

Harraga : mot originaire de l'arabe nord-africain ﺣﺮﺍﻗـة harrāga, harrāg, "qui brulent" (les papiers) présent aussi en espagnol sous cette forme; migrant clandestin qui prend la mer depuis l'Afrique du nord, la Mauritanie, le Sénégal avec des pateras (embarcations de fortune) pour rejoindre les côtes andalouses, Gibraltar , la Sicile, les îles Canaries, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, l'ile de Lampedusa ou encore Malte.
Terme très présent dans le vocabulaire journalistique nord-africain.


Pour lire et imprimer : "Vive la lutte des harragas !" en PDF.

https://paris.indymedia.org/IMG/pdf/affichecompil.pdf


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domenica 8 gennaio 2012

LUCIOLOS Journal







--Lucioles n°1 - novembre/décembre 2010
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--Lucioles n°2 - janvier/fevrier 2011
PDF disponible ici.
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--Lucioles n°3 - juin/juillet 2011
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--Lucioles n°4 (numéro spécial) - août/septembre 2011
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--Lucioles n°5 - novembre/décembre 2011
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L'EPINE NOIRE



-PDF ournal n°0

Journal n°0
http://epinenoire.noblogs.org/files/2011/02/Document-1.pdf

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Journal n°1



EN1 journal
http://epinenoire.noblogs.org/files/2011/12/EN1.pdf

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sabato 7 gennaio 2012

HORS SERVICE Journal Anarchiste


--Téléchargez le numéro 24 ici en format PDF.
http://horsservice.wikidot.com/local--files/start/Horsservice24.pdf

http://journalhorsservice.blogspot.com/

mercoledì 28 dicembre 2011

La Sociale n°33 est arrivée !



La Sociale, la feuille a-périodique du Groupe d’Anarchistes de Lille et Environs (GDALE-CGA) est de sortie !

Au sommaire de ce 33e opus :
- Un édito sur la politique municipale de l’équipe Aubry,
- Une attaque en règle du délire méritocratique,
- Un démontage minutieux de la technoscience et de sa tyrannie,
- Une critique appuyée de l’islamophobie et de son racisme (mal) déguisé,
- Une analyse questionnante sur les révolutions arabes, mais pas seulement.

Sans oublier la Une concoctée par notre ami A/F.

Le tout est consultable, imprimable et diffusable depuis l’adresse (le pdf figure en bas de la page) : >
--http://lille.cybertaria.org/rubrique91.html

Abonnement de soutien : nous écrire, 1groupeanarlille(a)no-log(pt)org.

La version papier de La Sociale est diffusée à prix libre à gauche, à droite, sur demande et plus précisément : au Centre Culturel Libertaire (rue de Colmar), au J’en Suis J’y Reste (ru de Condé), au café le Ici (rue Inkerman), à la libraire l’Harmathan (rue Basse), au café L’écart (rue Jeanne d’Arc), au Café citoyen (place du vieux marché aux chevaux) et au café La Rumeur (rue de Valenciennes).

La lutte continue (elle n’a en fait jamais cessé),

Le GDALE-CGA.

--Télécharger
http://lille.cybertaria.org/IMG/pdf/Sociale_32_petite.pdf


http://lille.cybertaria.org/rubrique1.html

lunedì 26 dicembre 2011

Cette Semaine ,n.96


--download file Cette Semaine ,n.96
http://www.progettorizoma.org/uploads/materiali/cs96.pdf

sabato 24 dicembre 2011

A Corps Perdu n. 1 & 2



--Numéro 2 (juillet 2009) - Télécharger ce numéro en PDF.
http://acorpsperdu.wikidot.com/local--files/textes-et-articles/

--Numéro 1 (décembre 2008) - Télécharger ce numéro en PDF.
http://acorpsperdu.wikidot.com/local--files/textes-et-articles/numero1.pdf


http://acorpsperdu.wikidot.com/

giovedì 22 dicembre 2011

Sortie de Lucioles n°5 - novembre/décembre 2011


Sortie de Lucioles n°5, particulièrement étoffé cette fois-ci (16p). Disponible dans les points de diffusion habituels et maintenant, par abonnement.

http://luciolesdanslanuit.blogspot.com/2010/12/points-de-diffusion.html

http://luciolesdanslanuit.blogspot.com/2009/08/sabonner.html


On pourra télécharger ce numéro en PDF ou le lire texte par texte sur le site du bulletin.

lucioles@riseup.net
http://luciolesdanslanuit.blogspot.com/


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Abonnement régulier : 15€
Abonnement classique, pour six numéros, pendant un an.

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Guerre au Paradis N°1 - Mars 2010


Le premier numéro de Guerre au Paradis est sorti.

Ce journal anarchiste à parution anonyme et apériodique a pour unique but d’être une contribution théorique (mais pas seulement) à la guerre sociale en cours depuis toujours, Nous pensons que c’est dans l’attaque de ce qui nous détruit, par la rage et les cendres, que nous pourrons briser le consensus actuel, et laisser la place à un monde sans États ni frontières, débarrassé de l’économie et des mécanismes de domination qui ne font qu’empêcher de danser la joie éternelle de la liberté individuelle.

Dans ce numéro, vous trouverez des brèves et des textes de l’international (Italie, Portugal, Chili, Grece, Allemagne, Suede, USA etc.) des nouvelles de compagnons aux prises avec la répression à travers le monde, comme ces deux lettres de Diego Rios (en cavale au Chili) et de Gabriel Pombo da Silva (emprisonné en Allemagne) qui nous parlent de révolte et de solidarité. Mais aussi des affiches et tracts de Belgique (avec un petit topo sur la situation là-bas), d’Italie et du Portugal. Un texte sur les médias et leur utilisation par ces faux-amis qui nous entourent. Aussi deux textes qui se rejoignent, sur l’anarchosyndicalisme et la pacification des rapports en milieu militant, ainsi qu’une critique contextuelle de la politique.

Nous avons choisi de « classer » certains textes dans des mini-dossiers autour de plusieurs thèmes : le premier (La vie comme un pari) interroge sur ce que chacun-e est prêt-e à mettre en jeu dans sa vie, ce que l’on est prêt ou non à risquer, comment et pourquoi, avec des textes d’anonymes, de Wolfi Landstreicher ou Alfredo Bonanno.
Le second (Quand la domination gère les immigrés) rassemble quelques textes et une affiche à propos des migrations et de leur gestion par le pouvoir, frontières et centres de rétention.
Enfin nous avons regroupé quatre textes qui abordent le problème de la spécialisation, à travers l’avant-gardisme, la lutte armée (texte de Massimo Passamani), la gestion de la peur dans la lutte, l’activisme et la nécessaire réflexion.
Car si l’attaque va de soi pour quiconque souhaite détruire l’Etat, pour nous il va également de soi que tous les moyens ne sont pas forcément bons lorsque l’on prétend aussi libérer l’ensemble des relations humaines du fléau de l’autorité.

Vous trouverez également au fil de ce journal des extraits du roman Le Voleur, de Georges Darien, Ainsi que la prose endiablée d’Albert Libertad. Nous vous invitons à consulter le sommaire pour en savoir plus.

Pour vous procurer ce numéro, cliquez ici.
http://guerreauparadis.blogspot.com/2010/02/se-procurer-le-journal.html

Pour lire l'édito, c'est là.
http://paris.indymedia.org/spip.php?article584

Pour le télécharger, c'est là.
http://www.non-fides.fr/?La-Fanzinotheque-anarchiste-et-ou#Guerre%20au%20Paradis


http://guerreauparadis.blogspot.com/

mercoledì 21 dicembre 2011

RATP/SNCF : collabos et assassins


On ne le répétera jamais assez, l’Etat devrait soigner ses services publics. Pour preuve, ceux-ci lui rendent de précieux services en matière de gestion des conflits, ou plus simplement encore, des populations et individus indésirables.

Première illustration le 31 août dernier à Saint-Denis. Vers 6h30, des dizaines de condés débarquent dans un camp de fortune où vivaient quelques 150 personnes, venues de Bulgarie et de Roumanie. Après avoir rasé le lieu et embarqué tous ses occupants, se pose la question de l’évacuation de ces derniers. Peut-être en mal de bus servant au transport des personnes arrêtées, toujours est-il que ce jour-là, la police trouve un moyen fort simple de résoudre le problème. Emmenant tout le monde de force vers la ligne 1 du tramway, les flics tentent de faire monter les indesirables dans des rames déjà occupées par des passagers. Constatant le souci, des cadres de la RATP décident de faire venir une rame spéciale depuis le dépôt de Pavillon-sous-bois, afin « de ne pas entraîner de désagrément pour les usagers ». La RATP précisera bien n’avoir répondu à aucune réquisition de la police, d’où le caractère hautement généreux et spontané de leur coup de main, et d’ajouter : « notre rôle d’exploitant est d’acheminer les voyageurs jusqu’à leur destination en temps et en heure ». Question de sérieux... Le trajet de déportation durera une bonne heure, le temps que le convoi escorté par neufs cars de CRS à l’extérieur, des dizaines à l’intérieur en plus de quatre employés de la RATP, arrive à la gare de Noisy-le-Sec, où les familles seront poussées dans le RER, direction… le plus loin possible pour le pouvoir. Pour mémoire, on rappelera qu’au début du XXème siècle, plus précisément entre 1907 et 1914, l’Etat s’était doté des cadres légaux pour réaliser ce type d’opération de déportation. Clémenceau avait à l’époque créé des unités spéciales -les Brigades mobiles- dont le rôle consistait à déplacer les populations Tziganes aux confins d’un département donné. Leçon bien apprise.

Des membres d’un syndicat gauchiste de la RATP (SUD en l’occurence) s’émeuvent, et demandent « que les transports franciliens ne soient plus utilisés pour ce genre d’opérations », comprendre, que l’Etat fasse ses rafles tranquillou, mais autrement, et qu’on ne nous embête pas avec. La direction se lavera les mains de cette sale besogne en déclarant qu’il s’agissait d’une décision locale et exceptionnelle.

Autre exemple, le 4 novembre au RER Saint-Lazare, où un homme est assassiné par une meute composée de trois contrôleurs SNCF, d’un agent de l’unité nationale d’intervention rapide (l’Unir, créée en 2011), dépendant de la Surveillance Générale (SUGE), et trois flics de la Brigade des Réseaux Ferrés (BRF). L’agent de sécurité l’aurait d’abord frappé à coup de matraque télescopique, avant que les flics le menottent par terre. L’homme perd connaissance, souffrant d’un hématome à la tête, puis tombe dans le coma. Il décède un jour plus tard. Pour la forme, les sept personnes précitées seront placées en garde-à-vue, le temps de conclure qu’il n’y pas eu usage excessif de la force. On est soulagé, un usage excessif de la force aurait pu entrainer une sur-mort. Pour en finir avec cette vilaine histoire, le pouvoir s’empresse de déclarer qu’un « infarctus » était à l’origine du décès. C’est fou le nombre de personnes cardiaques tombant dans les mains des chiens de garde de l’ordre, ça n’arrête pas. Mais nous laissons aux cardiologues et autres sociologues le soin de faire les comptes en cette matière. Il y a plus important que de compter les morts : reconnaître les responsables et en tirer les conséquences.

[Extrait de Lucioles n°5, bulletin anarchiste du Nord-Est de Paris, novembre/décembre 2011.]


http://luciolesdanslanuit.blogspot.com/search/label/Num%C3%A9ro%205

martedì 20 dicembre 2011

ENVOLÉE N°29


ÉDITO

Le mouvement contre la réforme des retraites serait mort ; du moins son enterrement a-t-il bien commencé. Le mot d’ordre gouvernemental est relayé partout : rien ne doit résister aux vacances, et l’on ne parle déjà plus de pénurie dans les stations-service. Ca débloque ici et là, plus ou moins violemment. Quant aux syndicats, s’ils ne déclarent pas ouverte- ment qu’ils veulent mettre un terme à ce mouve- ment, ils commencent à articuler différents discours pour accompagner tranquillement la reprise − notamment dans les raffineries − tout en se lais- sant la possibilité de reprendre la main sur ce qui pourrait encore arriver, et qui continue ici et là. Les langues de bois, en somme, cohabitent dans les mêmes bouches.

Ce mouvement, nous l’avons regardé, nous nous y sommes plongés ici ou là avec plus ou moins de timidité, de plaisir, toujours un peu en étrangers tout de même, n’arrivant jamais tout à fait à oublier les manœuvres de la gauche comme du gouvernement et l’odeur rance des syndicats. Ces maquignons ne nous surprennent pas : quand le mouvement prend, ils l’arrêtent et cherchent à convaincre que la défaite est, quelque part, une victoire. Mais le mode d’emploi syndical a généré un enthousiasme au-delà des syn- dicats eux-mêmes - ce qui les a surpris -, et il est encore trop tôt pour en mesurer les conséquences. Cette inadéquation entre l’enthousiasme et ce qui était proposé traverse de part en part un mouve- ment au cours duquel le blocage est devenu une forme d’action très largement partagée.

Cette histoire intéresse forcément un canard anticarcéral comme L’Envolée ; d’abord parce que les mou- vements s’accompagnent toujours de répression, avec la traditionnelle trilogie : arrestation, procès, condamnation. Les salariés sont menacés de cinq ans de prison s’ils refusent d’être réquisitionnés sur les piquets de grève devant les raffineries. La présence à une manifestation un peu agitée se solde par de la prison ferme. D’autre part, la fabrication largement médiatique d’une frontière illusoire entre lycéens et casseurs, bons bloqueurs et mauvais bloqueurs, alimente des séparations incompatibles avec une critique radicale du travail salarié et de la prison. Surtout, on ne peut pas séparer la critique de la prison et du système judiciaire de celle du monde qui les génère : travail salarié et prison mettent au pas les corps et les esprits, chacun à sa manière, et en s’alimentant mutuellement. Dans ce monde, on se soumet aux lois du travail ou on va en prison. La prison est le mitard de la société et le travail est la meilleure des polices.

Depuis longtemps, il n’y avait pas eu un « mouvement d’ampleur », comme on dit, qui parle du travail - indirectement, certes, mais tout de même : refuser de consacrer deux ans de plus au travail, c’est dire quel-que chose de la vie qui vient de s’écouler. Bloquer son lycée avec des potes, c’est une manière de dire ensemble que l’idée d’un boulot fixe ou d’une quelconque carrière est au moins aussi abstraite que l’idée d’une retraite dans des dizaines d’années. La retraite avant la traite, disent-ils en substance. Il doit bien s’agir de cela, sinon comment expliquer que pas mal de gens continuent à s’acti- ver en sachant très bien que cette réforme est déjà passée - au compte-goutte - depuis 2003.

Mais de quoi s’agit-il vraiment alors que les manifesta- tions cessent dès que les syndicats arrêtent d’en pondre à intervalles réguliers entre Nation et Bastille ? Que le pétrole est importé d’Italie, d’Espagne, de Hollande ou tiré des stocks stratégiques dès qu’il commence à manquer ? Que les blocages restent le plus souvent symboliques, et ne permettent en définitive pas tant de rencontres que ça ? Que la police a carte blanche pour éborgner, grenader, canarder ? Que l’on nous parle victoire électorale de la gauche en 2012 pour nous renvoyer au chagrin ? Et puis, peu de textes parus pendant le mouvement posent centralement la question du travail, du salariat précaire ou à perpète, de la vie de producteur-consommateur de marchan- dises et de services plus ou moins inutiles, bref de ce qui se passe avant la retraite. Et lorsqu’il est question de ces boîtes où l’on passe sa vie, c’est trop souvent sous l’angle de la péni- bilité, de la souffrance au travail. En quelques années, la médi- calisation de la question sociale a gagné ici aussi du terrain. La psychologisation à outrance et l’individualisation ont contribué à évacuer un peu plus la critique du travail salarié.

Souhaitons qu’en quittant la première page des journaux, ce mouvement soit allé se ressourcer ailleurs, se remplir de sens, se renforcer pour éclater plus fort encore... Voici quelques textes et tracts trouvés ici et là pendant le mou- vement ; et parce que derrière les murs, tout continue, on pourra aussi lire dans ce numéro des lettres de prisonniers, un rapport mensonger de médecins qui camouflent une mort en prison, des analyses de lois qui nous tombent sur la gueule, et d’autres nouvelles de six mois de quotidien carcéral. On trou- vera pour finir une négociation entre des prisonniers et le direc- teur suite à un autre mouvement, qui avait - lui aussi - pris la forme d’un blocage : celui de la centrale de Moulins en 2005, qui montre une fois de plus qu’un blocage à l’intérieur, ce n’est pas un blocage à l’extérieur, que tout se complique quand on est enfermé - les moyens d’actions comme les possibilités de solidarité. C’est précisément parce que ces difficultés sont décu- plées en prison qu’il y a aussi à apprendre de ces luttes.

L’intégralité du journal est disponible en PDF :
- Par Dl.free

http://dl.free.fr/r2wr7BstM


Le but du journal étant d'être lu, de circuler à grande échelle, l'argent ne doit pas être une barrière quant à sa diffusion. N'oubliez pas de prévenir si vous êtes transféré ou si vous sortez...
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